La lumière est une onde électromagnétique (cf. chapitre
1 §2). Son caractère ondulatoire a été mis en évidence au travers des phénomènes
de diffraction et d’interférences (cf. chapitre 4 §1 et 2). La polarisation
traduit aussi le caractère ondulatoire d’un phénomène physique.
La calcite a la propriété de produire par transmission
deux images d’un même objet. Dès 1669, Huygens tente d’expliquer ce phénomène
dans le cadre de sa théorie des ondes.
Au début du 19ème siècle, Fresnel et Arago
remarquent que la polarisation a des effets sur les figures d’interférences.
Leur tentative d’interpréter le phénomène échoue car leur théorie de la
propagation de la lumière est fondée sur une idée fausse : le concept
d’onde longitudinale nécessitant un milieu de propagation (l’éther).
Il faudra attendre la théorie de Maxwell de l’électromagnétisme
pour élucider le problème.
Pour les avoir peut-être un jour essayées, les lunettes
de soleil dites Polaroïd® atténuent fortement les réflexions sur la surface
d’un plan d’eau (ou de glace) et, dans une moindre mesure, de la neige ;
de plus le ciel paraît plus assombri qu’à travers les verres filtrants non
polarisant.
Imaginons une corde tendue horizontalement. Si nous en agitons une extrémité de haut en bas dans un plan vertical, la corde se déforme et l’ébranlement se propage tout en restant dans le plan vertical. Nous avons fabriqué une onde polarisée rectilignement (ou linéairement). Ce plan vertical s’appelle le plan de polarisation.
Figure
1
:Onde linéairement polarisée dans un plan vertical
Un plan de polarisation n’est pas nécessairement vertical : toute orientation est possible. En effet, nous aurions très bien pu faire vibrer la corde dans n’importe quel plan.

Figure
2
: Onde linéairement polarisée dans un plan horizontal
Si l’on fait vibrer la corde simultanément selon deux
plans orthogonaux, nous pouvons obtenir plusieurs configurations.
Si les élongations sont en phase ou en opposition de
phase, la polarisation sera linéaire. Mais si les élongations ont une autre
relation de phase, on obtient une polarisation elliptique, si les
amplitudes sont différentes, circulaire si les amplitudes sont égales.
Dans ces deux derniers cas, un observateur qui regarde
l’onde qui lui arrive de face verra l’amplitude résultante tourner dans un
sens ou dans l’autre.
Si l’observateur voit le plan de polarisation tourner
dans le sens des aiguilles d’une montre, la polarisation est dite droite,
inversement elle sera gauche.
Figure 3 : Polarisation circulaire.
Nous avons vu que la lumière était de nature électromagnétique. Elle est constituée d’un champ électrique E et d’un champ magnétique B orthogonaux, vibrant en phase perpendiculairement à la direction de propagation donnée par le vecteur k (direction Oz).
![]() |
Si soit le vecteur B soit le vecteur E conserve son orientation dans plan xOy, l’onde aura une polarisation rectiligne. |
Dans la mesure où la majorité des détecteurs sont
sensibles à une grandeur proportionnelle au champ électrique, c’est le champ
électrique que l’on conserve pour étudier le phénomène de polarisation.
Les équations de Maxwell qui régissent l’électromagnétisme
permettent de montrer que l’intensité d’une onde électromagnétique qui
intercepte une surface unité pendant une unité de temps s’exprime par :
|
Figure 4 : Absence de polarisation |
La lumière émise par une source conventionnelle (ce
qui exclut les lasers) est produite par un très grand nombre d’atomes.
Ces émissions spontanées sont aléatoires dans le temps et dans
l’espace (il n’y aucune « concertation » entre les différents
atomes). Les trains d’onde émis par chaque atome n’ont aucune corrélation :
ni en phase ni en orientation. Le champ électrique résultant est la somme vectorielle de tous les champs électriques associés à ces trains d’onde. L’onde résultante possède une polarisation pour chaque instant ; mais cet état de polarisation change à chaque instant. On parle d’une onde non polarisée ou naturelle. |
La lumière naturelle que nous recevons peut être parfois partiellement polarisée. C’est le cas :
Observer la réflexion sur une vitre à travers des
lunettes « Polaroïd® » tenus à la main en les faisant
pivoter. Pour une orientation donnée, la lumière réfléchie paraît très atténuée.
Le même phénomène peut être observé sur la
neige, la glace : il y a atténuation de la réverbération.
Ce phénomène peut être attribué :
Figure
5
: Atténuation (voire disparition) de la composante perpendiculaire par réflexion.
À la nature et à la conception des verres « Polaroïds® »dont les verres emprisonnent des macromolécules qui ont été étirées ce qui les rend conductrices dans le sens de l’étirement. Le matériau a été rendu anisotrope.
Figure
6
: Principe du matériau « polaroïd ® »
Les filtres polarisants
agissent comme les verres polaroïds utilisés dans ces verres de lunette.
|
La couleur bleue du
ciel dont l’état de polarisation est lié au phénomène de diffusion
par l’oxygène de l’atmosphère. Les abeilles s’orientent
d’ailleurs en partie grâce à leur sensibilité à la polarisation. |
Figure 7 : La lumière diffusée est partiellement polarisée |
Une onde dont le champ électrique E garde une
orientation constante de vecteur unitaire u est dite polarisée
rectilignement selon u ; u sert à définir la polarisation
rectiligne de l’onde.
Un polariseur est constitué d’une film polymère qui
transforme une onde non polarisée en une onde polarisée linéairement.
Il est caractérisé par son axe de transmission auquel on associe le vecteur u.
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Supposons que l’axe de transmission soit aligné selon un
axe perpendiculaire à la direction d’étirement (noté ^).
Une onde électromagnétique non polarisée arrive sur le polariseur. Son champ
électrique E peut toujours être décomposé selon deux directions de
sorte que : E = E^
+ E¤¤. Le rôle du polariseur sera d’éteindre par absorption la composante E¤¤. |
NB : Dans le domaine des ondes centimétriques (radio)
une grille métallique joue exactement le même rôle. L’énergie électrique
absorbée sert à mettre en vibration les électrons du métal (ce qui est aussi
le principe de l’antenne réceptrice).
Conséquence : Si le faisceau de lumière
naturelle d’intensité I traverse un polariseur, le faisceau émergent
de lumière polarisée aura une intensité ½I ; puisque la moitié
de la composante a été absorbée.
Le but de l’opération est de décrire un dispositif à même
de détecter les ondes rectilignement polarisée.
En fait, il s’agit tout simplement d’un dispositif exactement
identique à un polariseur mais dont le but est d’agir sur
une onde déjà polarisée.

La polarisation par réflexion est maximale quand le rayon réfléchi et le rayon réfracté sont à 90° l’un de l’autre. L’angle d’incidence s’appelle alors l’angle de Brewster du nom du physicien qui a étudié le phénomène.
Cet angle est tel que :

Ainsi pour l’interface air / verre : iB
»
56°, pour l’interface air / eau : iB »
52°
Cette loi donne la valeur de l’intensité lumineuse (I) qui émerge d’un analyseur en fonction de l’intensité (I0) qui sort du polariseur.
Démonstration :
Elle repose sur la linéarité des lois de l’électromagnétisme.
Soient :
L’amplitude en sortie du
polariseur vaut : E0 cos a
et son intensité I = ½ e0
c (E02 <cos2a>)
= I0/2.
Dans le cas où a
vaut 90°, on retrouve la situation expérimentale du polariseur et de
l’analyseur croisés.
Il est constitué d’un polariseur et un analyseur croisés.
Un tel dispositif ne donne pas une sensibilité de mesure suffisante. En effet, autour de 90°, la variation de I/I0 est faible devant la variation possible de q. On ne peut donc pas repérer l’angle d’extinction avec grande précision.

Par
rapport à un analyseur à extinction, il comporte une lame ½ onde
coupée qui agit sur la moitié du faisceau lumineux utile.
Le rôle d’une telle lame (dite aussi lame à retard) est
de transformer le vecteur u en un vecteur u’ symétrique de u
par rapport à l’axe x de la lame ½ onde.
Hypothèse :
Notations :
L’angle b repère
l’orientation de l’analyseur par rapport à un axe vertical y : b
= (ua, uy).
État à la sortie du polariseur :
État à la sortie de la lame ½ onde :
Le vecteur u est transformé en u’ par
action de la lame ½onde dans la partie inférieure du champ.
Il apparaît donc deux zones de polarisation rectiligne
orientées d’un angle a et -a
par rapport à l’horizontale.
État à la sortie de l’analyseur :
Examinons plusieurs cas qui correspondent à différentes valeurs de a.
Description
Le faisceau lumineux, engendré par une source
monochromatique (lampe à vapeurs de sodium), traverse un polariseur. Une moitié
de la lumière qui sort polarisée linéairement va directement vers la solution
à analyser, tandis que l’autre moitié traverse une lame demi onde. Les deux
faisceaux, avec plans de polarisation différents, sont analysés par un
analyseur.
Sur l’oculaire se trouve un vernier circulaire. En
tournant l’analyseur, l’intensité des deux faisceaux change. On obtient
deux angles dans lesquels les deux moitiés sont faiblement ou fortement illuminées
mais avec la même intensité.
La polarimètre de Laurent est tout à fait adapté à la
mesure des pouvoirs rotatoires des substances optiquement actives
ainsi qu’à des suivis de réaction qui modifient les concentrations des dites
substances donc les angles de rotation.
Cette utilisation expérimentale s’appelle la polarimétrie.
La polarimétrie est une technique de chimie analytique qui
permet le dosage de la teneur d'une solution en substances optiquement actives.
Cette utilisation s’appuie sur la loi de Biot
qui exprime la proportionnalité du pouvoir rotatoire d'un milieu aux
concentrations en produits optiquement
actifs (dextrogyres ou lévogyres) :
|
q = [a].c.l |
où |
|
1ère étape :
2ème étape : En présence d’une substance chirale dans l’échantillon, l’angle ap tourne d’un angle q. La recherche d’une nouvelle équipénombre permet de relever cet angle en faisant tourner l’analyseur.