Il s'agit ici de traiter des interférences et de la diffraction.
L'approximation de l'optique géométrique n'est plus valable, on se place
désormais dans le modèle des ondes lumineuses pour décrire ces phénomènes.
Vous pouvez aussi aller jeter un coup d'œil admiratif sur : www.sciences.univ-nantes.fr/physique/enseignement/tp/interferences/interf.html
Un laser monochrome éclaire entièrement une ouverture circulaire de diamètre a.
Si l'on
place un écran assez éloigné de l'ouverture, on est surpris d'observer que
l'écran n'est pas régulièrement éclairé. Il se forme des cercles
concentriques alternativement sombre et lumineux au centre desquels se trouve
une tache centrale lumineuse. Plus on s'écarte de la tache centrale, plus
l'éclairement des cercles lumineux s'estompe.
Ce phénomène est d'autant plus marqué que le diamètre du trou est petit. La
tache centrale, de rayon x, correspond à une ouverture angulaire q
du faisceau émergent du trou. Plus le trou est petit, plus l'angle q est grand.
A diamètre d'ouverture donné, en remplaçant le laser par un autre laser de
longueur d'onde plus grande, on remarque que la taille de la tache centrale
augmente.

Par identification des deux termes : x= 1,22 lD/a
![]() |
" Chaque point M d'une surface S atteinte par la lumière peut être considéré comme une source secondaire émettant une onde sphérique. Les vibrations des différentes sources se superposent. " |
Les figures de diffraction apparaissent visiblement dès que la taille
de l'ouverture ou de l'obstacle atteint celle de la longueur d'onde. La figure
sera d'autant plus importante que la taille est petite. Son aspect dépend
fortement de la forme de l'ouverture.
À noter que c'est le phénomène de diffraction qui permet la mesure de
longueurs dans de nombreux domaines : cristaux, protéines… La lumière
utilisée est dans le domaine des rayons X ; on parle de " diffraction par
rayons X ".
Elle est caractérisée par sa largeur a (sa hauteur b
est extrêmement plus grande que sa largeur).
Le phénomène de diffraction apparaît parce que tous les points de l'ouverture
de largeur a n'ont pas le même trajet à parcourir pour aboutir en un
point de l'écran. C'est donc leur différence de marche qui est à la
base du phénomène.
Le calcul est complexe pour aboutir à l'intensité reçue par diffraction
dans une direction q :
la presque totalité de l'intensité lumineuse se retrouve dans la tache
centrale qui est deux fois plus large que les taches secondaires. La largeur
angulaire de la tache centrale est donnée par : ![]()
Elle est donc d'autant plus importante que la largeur a de la fente
diffractante est petite.
L'image d'un point objet donnée par un instrument n'est pas ponctuelle. Le phénomène de diffraction dû à la nature ondulatoire de la lumière provoque la formation d'un disque (disque d'Airy ou tache de diffraction) entouré d'anneaux concentriques.
![]() |
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Figure 1 : tache d'Airy et profil en intensité |
|
Si l
est la longueur d'onde et a le diamètre de la tache, le rayon
angulaire q de la tache de diffraction est donné par:
.
Ce phénomène explique que la netteté de l'image d'une étoile donnée par un télescope est entre autres phénomènes, limitée par la figure de diffraction causée par le diamètre de la monture de l'objectif. Il ne faut donc pas nécessairement que l'ouverture soit petite pour que le phénomène de diffraction ait lieu.
Lorsque deux objets ponctuels très proches forment des images à
travers un instrument optique, leur résolution dépend en dernier recours du
recouvrement de leurs taches de diffractions respectives.
Les deux images commenceront à paraître séparées si le maximum centrale d'une tache correspond
au premier minimum de l'autre.
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|
Figure 2 : A gauche des deux taches sont résolues tandis qu'à droite elle apparaissent confondues.
L'écart angulaire minimal sera donc :
où
On parle d’interférences lorsque deux (ou plusieurs) ondes de même fréquence ajoutent leur effets en un même point de l’espace. Elles ne se contentent pas de se superposer mais se combinent constructivement ou destructivement selon leur phase relative.
Pour que ce phénomène surprenant apparaisse, les ondes doivent satisfaire aux conditions suivantes :
Pour satisfaire à la condition de cohérence, les deux vibrations qui aboutissent au point M peuvent :
Les interférences sont observables dans de nombreux domaines de la physique : ondes sonores, lumineuses, électromagnétiques, à la surface d’un liquide…
Considérons deux vibrations s1 et s2 qui
se superposent en un point M : s = s1 + s2
Condition : Les deux ondes ont même fréquence.
Hypothèses : Les deux ondes ont même amplitude a.
Nous les notons
et ![]()
La vibration résultante au point M est donc : ![]()
Or ![]()
==> ![]()
où
s'appelle l'amplitude de la vibration résultante et est une grandeur constante
au cours du temps.
Le terme
s'appelle le terme d'interférence. Comme il est compris entre 0 et 1, la
résultante s prendra différente valeurs. En particulier, l'amplitude A
s'annulera ou sera maximale : on parlera d'interférences destructives (franges
noires obtenues pour cos
Remarque :
le termeConsidérons une source qui à la date t émet le signal :
.
![]() |
En suivant le chemin d1 pour aboutir en M, elle y arrive avec un
retard À la date t, l'état vibratoire en M est le même que celui de la source t1 secondes avant : |
Pour un second chemin d2, il en sera de même :
La différence de phase entre les deux signaux est donc :
Or par définition de la pulsation w :
et
La différence de phase s'exprime donc par :
Appelons d la différence d1 -
d2 : c'est la différence de marche
entre les deux trajets.
On obtient finalement : ![]()
On peut relier l'état d'interférence (constructif ou destructif) à la
différence de marche d . Pour cela, on reprend l'expression de
l'amplitude ![]()
Cela correspond au cas où A est nul (i.e. le cosinus s'annule) :
où
k Î Z
La différence de marche est alors un nombre entier de longueurs d'onde
augmenté d'une demi longueur d'onde (ou un nombre impair de demi longueur
d'onde).
On préfère exprimer la différence de marche en terme de longueur d'onde :
A est maximale. La différence d marche est un nombre entier de longueurs d'onde.
Pour mettre en évidence des interférences dans le domaine lumineux,
il faut qu'en chaque point M d'un écran la phase j
garde une valeur constante dans le temps afin d'obtenir un phénomène stable.
Deux sources qui satisfont à cela sont dites cohérentes.
Or, dans le mécanisme d'émission de la lumière, chaque atome émet une
radiation de courte durée (10-8 s) et retombe dans son état
fondamental. D'une émission à l'autre, la phase change de sorte que la valeur
moyenne du cosinus de la phase s'annule (
) est le terme d'interférence s'annule.
C'est pour cela qu'en pratique on ne prend q'une seule source dont soit on
opère une division du front d'onde (trous d'Young) soit on divise l'amplitude
(miroir de Loyd).

Une source S ponctuelle éclaire un écran opaque percé de deux trous
dont les dimensions sont également faibles. D'après les lois de l'optique
géométrique, nous devrions observer sur un écran E les traces M1
et M2 des rayons issus de S1 et S2. Du fait des
faibles dimensions des trous, la diffraction intervient et l'on obtient un champ
d'interférences dans le recouvrement des faisceaux diffractés.
d = S2B or sin q
= l /a
tan q = y/D
Si D >> a alors d = a (y/D)
Les interférences constructives apparaissent pour les positions de M qui
satisfont à : y = klD/a
Les interférences destructives apparaissent pour les positions de M qui
satisfont à : y = (2k + 1) lD/2a
On observe sur l'écran une alternance de franges alternativement sombre et brillantes.
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Figure 3 : figure d'interférence
obtenue avec deux fentes |
La distance qui sépare deux franges sombres successives ou deux franges brillantes successives s'appelle l'interfrange. Il vaut :
L'œil est un récepteur quadratique. Cela signifie qu'il
est sensible à l'énergie qu'il reçoit et non à l'amplitude de l'onde.
Cette énergie est proportionnelle au carré de l'amplitude : ![]()
or un peu de trigonométrie montre que ![]()
L'intensité lumineuse s'exprime par :
où I0 = a2
On peut exprimer la répartition de cette énergie en fonction des
caractéristiques géométriques du dispositif.
En se souvenant que
et que
,
nous obtenons : ![]()
Et l'intensité devient :
Ce qui donne l'aspect suivant. La mesure de l'interfrange demande de bien repérer les maxima ou les minima.